Ciné SF/HF [D-04/26] :« Au commencement étaient les ténèbres... »
Par Darios Jackson, vendredi 24 août 2007 à 00:00 :: Cinéma SF/HF :: #12 :: rss
"Puis, vinrent les étrangers. Leur race venait du fond des temps. Ils avaient maitrisé l'ultime technologie : La capacité de modifier la réalité physique par la seule volonté. Ils appelaient cette capacité, syntonisation.
Mais ils mourraient, leur civilisation déclinait. Ils abandonnèrent leur monde et cherchèrent un remède à leur propre mortalité. Leur interminable voyage les conduisit vers un petit monde bleu, dans le coin le plus reculé de la galaxie : notre monde ! Ils pensaient avoir trouvé là ce qu'ils recherchaient...Je suis le Dr Daniel Paul Schreber. Je ne suis qu'un homme. J'aide les étrangers à mener leurs expériences... J'ai trahi ma propre espèce !"
C'est par ce monologue du Dr Schreber (Kiefer Sutherland), dans l'obscurité du ciel étoilé et les ombres d'une ville de nuit, que débute le film Dark City d'Alex Proyas.
Dark City : Un réveil brutal !
Minuit passé, une chambre d'hôtel, un homme s'éveille en sursaut... dans son bain. Sur son front, perle une goutte de sang. Désorienté, il sort précipitamment de la baignoire. Essuie la buée sur un miroir et observe son reflet d'un air stupéfait. Il remarque le filet de sang et le nettoie machinalement de la main. Se faisant, il voie des vêtements et les revêt. D'un pas mal assuré, il quitte la salle de bain pour explorer la pièce adjacente. Sur le seuil, il glisse et dans sa chute, entraine un bocal avec son occupant : un poisson rouge. Son premier geste, sauvez l'animal qui suffoque en le glissant dans l'eau du bain.
Cet incident a détourné l'attention de l'homme des débris d'une seringue aux formes singulières jonchés sur le sol. Il retourne dans l'autre pièce : une chambre à coucher. Il ouvre une armoire, d'autres vêtements ainsi qu'une valise. Il fouille ses poches et trouve un trousseau de clés. Il prend ensuite la valise - aux initiales K. H. - et l'ouvre. Parmi les habits, il sort une vieille carte postale représentant une plage : Shell Beach.
Ce nom évoque en lui des souvenirs. Il voit le ciel bleu, la mer, la plage, le seuil d'une maison blanche qu'il quitte, lui, l'enfant d'alors, courant vers la plage... Un bruit, le téléphone sonne, l'arrachant à ses pensées. Il décroche le combiné :
"Vous êtes désorienté, n'est-ce pas ? Effrayé ? C'est normal, je peux vous aider.
- Qui êtes vous ?
Je suis médecin. Vous allez m'écoutez maintenant. Vous avez perdu la mémoire, suite à une expérience qui a mal tournée. Votre mémoire a été effacée. Est-ce que vous me comprenez ?
- Non, je ne comprends pas ! Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
Ecoutez-moi ! Des personnes sont après vous. Elles sont peut-être déjà là ! Il ne faut pas qu'elles vous trouvent. Vous devez partir tout de suite..."
Le combiné lui tombe des mains.
"Allô ? vous êtes là..."
Ce que l'homme vient de découvrir de l'autre côté du lit, le terrifie. Le cadavre d'une femme, nue. Le corps tailladé par des plaies en forme de spirales. Il recule, horrifié, et dans l'affolement met la main sur un couteau ensanglanté qui chute à son tour sur le sol.
Il n'a plus qu'une idée en tête, sortir d'ici, fuir cette chambre "mortelle". Il attrape la valise, sort dans le couloir. Un son de cloche - du monde dans l'ascenseur. Il court à l"opposé vers l'escalier.
Les portes de l'ascenseur s'ouvre et 3 étranges personnages - 2 adultes et 1 enfant - tous chauves au teint pâle, aux chapeaux et longs pardessus noirs, sortent et se dirigent vers la chambre 614, lieu du crime...
Dark City : Qui suis-je ?
Dark City, c'est l'histoire d'un inconnu, d'un anonyme, perdu dans les méandres d'une ville ténébreuse. Ce John Doe métropolitain est avant tout amnésique et ce n'est qu'au hasard de son "enquête identitaire" et des "rencontres forfuites" qu'il va découvrir d'abord son nom J. Murdock (Rufus Sewell). Puis son prénom, John, ainsi que l'existence d'une femme, Emma Murdoch (Jennifer Connelly), son épouse avec qui il est en froid au moment des "faits", suite à une indéfidélité de celle-ci, voilà 3 semaines. 3 semaines, c'est le temps qu'il semble avoir passé dans cet hôtel, depuis lors. Qu'-a-t-il fait pendant tout ce temps ? Hélas, c'est là où le bat blesse... Il n'en sait rien. Le pire, des indices, des preuves (comme le cadavre de la malheureuse dans sa chambre) incitent la police à suspecter Murdock.
Cette nuit-là, l'inspecteur Frank Bumstead (William Hurt) reprend l'enquête sur cette série de meutres. Des femmes, des prostituées, toutes victimes d'un même tueur, un serial-killer, qui laisse comme carte de visite, des sanglants dessins, ces spirales sur le corps de ses victimes. Avant lui, c'était le détective Eddie Walenski (Bruce Spence) qui était chargé du dossier. Mais une mystérieuse "dépression nerveuse" a frappé ce fin limier, collègue et ami de Franck.
Dark City : Où sommes-nous ?
Le décor est planté, l'histoire semble simple. Un classique film policier comme en quarante... C'est vrai que l'ambiance rétro de Dark City est très proche de cette époque : les costumes, les voitures, les immeubles,... On se croirait à l'apogée des films noirs. Car à l'inverse de Blade Runner, il n'y a - aux premiers abords - rien de futurise dans cette ville.
Mais ce serait allez trop vite en besogne... Car finalement dés les premiers instants, nous nous rendons comptes que quelque chose cloche. Il y a d'abord ce curieux monologue du Dr Daniel P. Shreber suivi par une scène hallucinante où nous voyons, la ville nocturne en pleine activité et tout d'un coup, à minuit pile, tout se fige, tout s'arrête. Les véhicules d'abords, puis les gens qui s'endorment sur place, partout : dans la rue, les voitures, les bus, les magasins,...
C'est à ce moment, que nous dirigeons notre regard, vers l'hôtel, vers cette salle de bain où git, endormi, John Murdock.
Dark City : Passé-futur ou futur-passé ?
Bien des mystères doivent être élucider par notre infortuné compagnon, John Murdock. Traqué par la police mais aussi par ces curieux personnages, ces "étrangers", il devra dans une course frénétique, parcourir la ville, en quête de lui-même, cherchant à prouver son innocence à sa femme, Emma, et à l'inspecteur Bumstead. Son espoir, Shell Beach, souvenir de son enfance heureuse... Et puis, une aide imprévue, un allié, peut-être ? L'énigmatique Dr Shreber. Mais peut-il lui faire confiance ? Ou finalement ne devra-t-il compter que sur lui même ? Sur ces forces cachées ?
Dans Dark City, vous l'aurez compris, les apparences sont trompeuses, et c'est en "creusant" que les vérités nous seront enfin révélées ! Hélas, je ne peux continuer plus loin mon récit... Nous n'avons fait qu'effleurer la surface de l'iceberg. Ce que je vous ai décrit, ce ne sont que les premières minutes du film. Et je m'en voudrais, d'ailleurs, de vous gâcher le plaisir de la découverte.
Commentaires sur le film...
Sorti en 1998, Dark City n'a pas eu le succès retentissant des blockbusters mais il a su être apprécier par les connaisseurs. Comme Blade Runner (en son temps), je pense c'est un film qui est davantage connu et reconnu grâce aux (vieillisants) VHS et DVD, plutôt que par son exploitation en salle.
Personnellement, si j'était allé voir The Crow du même réalisateur au cinéma, j'ai patienté pour m'offrir la cassette de Dark City. C'est d'ailleurs grâce à elle et un magnéstocope d'emprunt, que j'ai pu vous narrer, non sans mal, l'histoire. Au passage, je glisse un message à mon pôte David : "A l'occasion, ramène-moi mon DVD s'il te plaît... Car le VHS, c'est vraiment trop galère
".

Pour conclure, je dirais que nous aurons certainement d'autres occasions pour reparler de ce film et de son réalisateur. Car si ce dernier s'inspire de précurseurs (comme Metropolis ou Blade Runner), il apporte une originalité certaine que nous retrouverons sans doute en cours de route... 
Commentaires
1. Le dimanche 26 août 2007 à 14:23, par Bones
2. Le dimanche 26 août 2007 à 14:29, par Bones
3. Le dimanche 26 août 2007 à 17:09, par Darios Jackson
4. Le dimanche 26 août 2007 à 18:18, par Bones
5. Le mardi 6 avril 2010 à 08:41, par modele (canada)
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