• Solar Lottery, 1955 (Loterie solaire) ;
  • Eye in the Sky, 1957 (l'Œil dans le ciel) ;
  • The Man in the High Castle, 1962 (le Maître du Haut Château) ;
  • The Three Stigmata of Palmer Eldritch, 1965 (le Dieu venu du Centaure) ;
  • Ubik, 1969 (Ubik) ;
  • ...

Bien évidemment, cette mini-liste n'est au mieux qu'un "pot-pourris" de l'oeuvre prolifique (une quarantaine de romans et plus d'une centaine de nouvelles) de cet écrivain "hors-normes". Pourquoi "hors normes", tout simplement parce que plongé dans l'univers de Dick, c'est remettre en cause la réalité telle que nous l'envisageons. Avec lui, nous pouvons faire une croix sur nos certitudes, car rien n'est sur... Tout est "brouillé".

En fait, le thème récurrent de son oeuvre est la manipulation, la modification, la déformation des perceptions (ou des informations) que nous avons de la "réalité", de notre "réalité". Et Blade Runner, le film inspiré du livre suit cette tendance.

Le synopsis du film

Nous sommes en 2019 à Los Angeles (le 3 janvier 1992 à San Francisco dans le livre). Rick Deckard (Harrison Ford) est un Blade Runner, un policier spécialisé dans la détection et l'éradication de Réplicants (des robots humanoïdes) en situations irrégulières sur Terre. Des Nexus 6 - dernière génération de ces androïdes conçu par la Tyrell Corporation - sont revenus clandestinement des colonies martiennes. Roy Batty (Rutger Hauer) est le chef de ce groupe de dissidents composés nottament de Pris (Daryl Hannah), Leon Kowalski (Brion James) et Zhora (Joanna Cassidy). C'est à Deckard que revient la délicate mission de les retrouver et de les réformer.

Un film, un réalisateur

Après ALIEN, nous retrouvons avec plaisir, en 1982, Ridley Scott qui a réalisé avec brio et maestria cet autre film-culte de la SF. Certes, le film n'est qu'une "adaptation imparfaite", librement inspiré du livre de Dick. Mais, il n'en demeure pas moins une oeuvre intelligente et fascinante à l'ambiance sombre et superbe.

Car, si Blade Runner est un film SF, c'est aussi un film noir digne héritier du cinéma policier des années 40. Tout comme ALIEN (à opposé à 2001, l'odysée de l'espace), Blade Runner porte l'empreinte de Ridley Scott. Cette marque, cette ombre, devrais-je dire, imprègne toute la ville de Los Angeles, cette mégalopole ténébreuse noyée dans sa pollution atmosphérique, ses publicités envahissantes et ses lumières artificielles.

Dans ces 2 films, Ridley Scott s'est ingénié à créer une obscurité savament dosée mettant en relief décors et personnages. L'isolement des "héros" (Ripley, Deckard) est palpable, avec un danger omniprésent (l'Alien, les Nexus 6) dissimulé dans la masse (du vaisseau, de la ville). Le tout chapeauté par des puissantes compagnies (Weyland Yutani, Tyrell Corporation) dont les ambitions secrètes sont habilement voilées par une désinformation systématique.

Un film, plusieurs versions

En parlant d'intox, que pensez des différentes versions de Blade Runner ? Personnellement, je vous conseille pour le moment la "Director 's Cut" sortie 1992 et ré-éditée en DVD (remasterisée) en 2006. C'est à ce jour, la version qui se rappoche le plus du projet initial de Ridley Scott.

DVD Blade Runner - Director's cut

Mais pour le 25ème anniversaire du film (2007), une nouvelle version, "Final Cut", est prévue et devrait sortir en DVD Collector courant du mois de décembre aux States (pour Noël ou après le nouvel an en France ?). Pour plus d'infos, suivez ces liens : Preview DVD TF1 - ResetMag . Ci-dessous un aperçu de la version "Ultimate Collector's Edition 5 DVD" :

Blade Runner Ultimate Collector

Un film, une bande originale

Pour finir, il est impensable de ne pas évoquer la création musicale de Vangelis, qui apporte au film une dimension supplémentaire, renforçant à la fois l'artificialité de cette ville monstrueuse, la nostalgie d'une époque insouciante (mais lointaine) et les sentiments des personnages face à leur destin implacable. Le thème final, mélange subtil entre le classique et un futur synthétique à souhait, vaut à lui tout seul l'achat de ce disque d'anthologie !


Pour allez plus loin...

L'univers de Philip K Dick (et de Blade Runner en particulier) est riche. Voici quelques liens intéressants :